2e colloque sur la clause de conscience des pharmaciens

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Jeudi 10 Novembre 2016

C’était au mois de juillet : l’Ordre des pharmaciens propose l’adjonction d’un article au Code de déontologie de 1953. « Sans préjudice du droit des patients à l’accès ou à la continuité des soins, le pharmacien peut refuser d’effectuer un acte pharmaceutique susceptible d’attenter à la vie humaine. Il doit alors informer le patient et tout mettre en œuvre pour s’assurer que celui-ci sera pris en charge sans délai par un autre pharmacien. Si tel n’est pas le cas, le pharmacien est tenu d’accomplir l’acte pharmaceutique. », y est-il indiqué.

L’enjeu ? Mettre en place une clause de conscience assurant aux pharmaciens la possibilité de faire prévaloir le respect de la vie et de la personne humaine dans l’exercice de leur métier. Effroi parmi les thuriféraires de la culture de mort. Car tout en niant le caractère funeste de l’avortement, le ministre chargée de la Famille, Laurence Rossignol, y a vu une attaque directement livrée à l’encontre du droit inaliénable, fondamental même : le droit à l’IVG.

L’Ordre des pharmaciens, avec à sa tête Isabelle Adenot, pâlit : loin du Conseil l’idée même de voir en l’atteinte à la vie humaine la mise à son terme d’un fœtus. Mais le lapsus, ô combien révélateur, est prononcé. Et devant l’acharnement d’un ministre menaçant en sous-main le Conseil de faire preuve de « raison », l’Ordre des pharmaciens renonce. Il renonce, malgré les 85% de professionnels s’étant prononcés en faveur de la clause. Il renonce, en dépit de la rationalité d’un article permettant au patient d’être pris en charge par un autre professionnel. Il renonce, face au gigantisme du Léviathan. La deuxième consultation est rapidement stoppée. Et de la capacité démocratique d’un corps professionnel à établir les fondements de son code déontologique, ne reste que le goût amer d’une vaste ingérence, dissimulée derrière le miel des paroles d’un ministre en appelant à une « raison » fallacieuse, à un « droit » faisant fi de toute alternative.

Devant l’ampleur de l’opprobre, un grand nombre de professionnels décident courageusement de prendre la parole, de ne pas ranger aux oubliettes leur vigilante conscience. Une conscience ô combien légitime : « La notion de conscience ne renvoie pas à de simples considérations purement individuelles (foi, philosophie) mais à l’appréciation raisonnée des effets des produits vendus », explique à cet effet Joël Hautebert.

Le professeur de droit viendra s’exprimer à l’Assemblée Nationale, à l’issue d’un colloque organisé par Jacques Bompard le 10 novembre. Accompagné de Philippe Maxence, qui a consacré un hors série de l’Homme Nouveau sur la question, et de témoignages des pharmaciens soucieux de défendre leur conscience professionnelle, cette journée s’inscrira comme le deuxième volet de la première audition du 12 octobre menée sur le sujet, durant laquelle Claire de la Hougue a fait part de ses impressions sur la question. Parce que les pharmaciens doivent se voir préserver le droit de respecter leur mission de respect de la vie et de la personne humaine, parce que la défense de la vie est un fondamental en politique, nous vous attendons nombreux pour cette journée qui promet d’être riche et éclairante !

Pour s’inscrire : écrire à jbompard@assemblee-nationale.fr avant le 4 / 11 / 2016.

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