Avortement : le nouveau dogme

Les 8 millions d’avortements pratiqués en France depuis 1975 ont causé une blessure profonde et persistante dans la société. Cette blessure, malgré les efforts pour la dissimuler, revient régulièrement enflammer la société.

Pour la troisième fois depuis 2001, le Parlement restreint la liberté d'expression et de manifestation contre l'avortement.

Hier, le Sénat a voté une nouvelle disposition pénale condamnant à 2 ans de prison et 30 000 euros d’amendes le fait d’exercer « par tout moyen, des pressions morales et psychologiques, des menaces ou tout acte d’intimidation à l’encontre des personnes cherchant à s’informer sur une interruption volontaire de grossesse ».

C'est une atteinte grave à la liberté d'expression, car comment définir les « pressions morales et psychologiques » ? Le fait de dire des choses vraies mais déplaisantes sur l’avortement suffit souvent à exercer une telle pression sur une personne qui envisage d’y recourir.

L'expression de l'enseignement de l'Église catholique sur l’avortement pourrait aussi être poursuivi, car dire que cet acte est un « crime abominable » et un « péché mortel » exerce une forte pression morale et tend à dissuader d’y recourir.

De même en est-il de la publication d'informations sur la nature et les conséquences de l'IVG, comme l'a fait l'ECLJ dans son dernier livre "Droit et prévention de l'avortement en Europe".

Cette restriction portée à la liberté d'expression ne résout en rien le problème de société et de santé publique que constitue l'avortement en France.

Il faut rappeler que deux fois plus d'avortements sont pratiqués en France qu'en Allemagne et en Italie. Cette différence flagrante prouve que le choix du gouvernement français de promouvoir l'avortement comme un "droit fondamental" et une "liberté" s'oppose à la mise en œuvre d'une politique de prévention.

Après le vote du Sénat, la proposition de loi reviendra dans les prochains jours à l'Assemblée nationale pour adoption définitive. L'opposition parlementaire a annoncé son intention de saisir alors le Conseil constitutionnel.

Dans l'hypothèse où cette instance ne censurerait pas cette loi, l'ECLJ agira en vu de saisir la Cour européenne des droits de l'homme.

Entre 2013 et 2015, l'ECLJ y a soutenu un ressortissant allemand condamné pour avoir distribué aux abords d'une clinique d’IVG des tracts associant l'avortement à l’holocauste.

En décembre 2015, la Cour européenne a condamné l'Allemagne, soulignant que l’avortement est un sujet d’intérêt public qui doit bénéficier d’un haut de degré de liberté d’expression (Annen c. Allemagne).

Il est donc aussi possible que la Cour de Strasbourg condamne à terme le délit d’entrave.

Pour défendre la vie et la liberté d'expression, lisez, signez, et faites circuler

http://eclj.org/abortion/french-institutions/appel-a-une-politique-de-prevention-de-avortement?lng=fr

Vous pouvez également lire et faire circuler le Rapport de l’ECLJ pour une politique de prévention de l’avortement

http://media.aclj.org/pdf/1-Pour-une-politique-de-pr%C3%A9vention-de-l'avortement,-Synth%C3%A8se.pdf

la tribune de Claire de La Hougue : "L'avortement : droit ou drame ?"

http://www.genethique.org/fr/lavortement-droit-ou-drame-66640.html#.WFFciVxqXRz

et celle de Grégor Puppinck, “Pourquoi l’avortement est-il devenu un dogme?”

http://fr.aleteia.org/2016/12/01/pourquoi-lavortement-est-il-devenu-un-dogme/

Merci de votre soutien. L’équipe de l’ECLJ

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