« Je suis Vincent Lambert. »

En premier lieu parce que pour toute atteinte portée à Vincent, c’est le Christ qui est crucifié une nouvelle fois.

Car il faut bien avoir conscience que bien avant que ne soit appliquée le cas échéant la funeste décision du Docteur Sanchez, à savoir l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent, celui-ci est littéralement séquestré au CHU de Reims, privé en sus des soins appropriés de rééducation que son état de grand handicapé pauci relationnel justifie.

A ce titre il est victime de l’acharnement idéologique des sectes libertaires dont l’ADMD ( Association pour le droit de mourir dans la « dignité ») est l’instrument de propagande intensive avec, bien évidemment le concours des media institutionnels.

L’objet de l’ADMD, est d’imposer à la société la légalisation et la banalisation de l’euthanasie afin de franchir une nouvelle étape de la révolution anthropologique proposée il y a plus de deux siècles par les philosophes des obscures « Lumières ».

C’est, pour les tenants de la révolution permanente une bataille essentielle pour le renversement et l’effacement définitifs de l’empreinte dont la civilisation chrétienne a marqué l’humanité.

A leurs yeux, l’homme ne doit être considéré que sous un angle utilitariste et non pas dans une acception transcendantale chrétienne qui consacre la dimension sacrée de toute vie humaine.

L’homme selon les « Lumières », en opposition frontale avec la Lumière (les « fêtards » lyonnais comprendront encore mieux que les autres ! ) n’est qu’une ressource parmi tant d’autres.

Ainsi, la société peut –elle user des ressources humaines avec la même « délicatesse », si j’ose dire, qu’elle usera des ressources énergétiques .L’actualité brûlante nous montre à cet égard combien le monde moderne est en proie à de constantes et dangereuses convulsions dans la lutte pour tenter d’accaparer les unes et les autres, là où le respect de la Loi naturelle serait à tous égards sensiblement mieux à même d’encourager la préservation de l’ordre naturel voulu par le Créateur.

Et c’est bien le rejet de l’une et de l’autre qui conduit inévitablement au chaos et, partant, à la destruction de toute humanité et de son environnement.

C’est précisément dans cet esprit délétère que la Loi Clayes-Léonetti a été conçue par ses auteurs , qui reprend de la Loi Léonetti de 2005 la tromperie sémantique écrite dans la plus parfaite tactique révolutionnaire : l’assimilation de soins élémentaires tels que l’alimentation et l’hydratation à des « traitements » . Dès lors le tour de bonneteau était joué pour ouvrir tout grande la porte à l’euthanasie : le disciple d’Hippocrate ne tue pas, il « arrête les traitements » ! Il sera même concocté alors pour « faire avancer le progrès » la douce locution « d’euthanasie passive » censée moins choquer le chaland que l’euthanasie tout court.

Mais cela n’épargne pas pour autant que je sache l’insoutenable souffrance morale et physique d’un être humain qui se sent abandonné à une lente agonie devant ses proches empêchés par force de le secourir !

En conclusion, tel serait hélas, non seulement pour Vincent, mais à terme pour l’humanité toute entière , si nous perdions la bataille, le triste nouvel « aboutissement » de la révolution, comme le disait triomphalement Madame Taubira lors du vote à l’Assemblée nationale du « mariage pour tous ».

Triste aboutissement dont les chrétiens fidèles et raisonnables seraient comptables devant Dieu s’ils ne s’ opposaient pas de toute leur force et de toute leur âme à ce que Vincent devienne demain une nouvelle victime sacrificielle de la révolution.

Marc Bergerot

Paray-le-Monial, cité du Sacré-Cœur, le 18 avril 2018

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