Marche pour la vie 2018, une délégation de soignants en tête de cortège

Odile Guinnepain est infirmière et responsable de l’antenne , Nos Mains ne Tueront pas . Cette antenne de CHOISIR LA VIE : www.choisirlavie.fr est une antenne d’écoute et de formation spécialement destinées aux professionnels de santé qui sont de plus en plus confrontés à de grave problèmes éthiques dans l’exercice de leur fonction. Odile est responsable de la délégation d’étudiants et professionnels de santé qui défileront en blouses blanches ,en tête de cortège de la Marche pour la Vie ,dimanche prochain.

1) - Pourquoi cette année, une délégation de professionnels de santé et étudiants à la Marche pour la Vie ?

Les soignants, selon leurs compétences, sont directement, ou de manière collatérale, concernés par la majorité des questions scientifiques et médicales autour du respect de la vie. Par exemple, tout IVG est pratiquée par un médecin avec la collaboration à divers niveaux de sages-femmes, infirmières, aides-soignantes…Même ci c'est légal, même si c'est devenu un droit fondamental, il n'empêche que cela reste la mise à mort, par des professionnels de santé, d'un enfant dans le sein de sa mère. C'est un exemple parmi tant d'autres… Toujours est-il que depuis toujours, une partie de la communauté soignante est très mal à l'aise et souffre beaucoup de devoir effectuer ces actes, parce qu'ils sont contre-nature, contre le respect de la dignité humaine mais aussi contre les fondements mêmes de la profession de soignants. N'oublions pas que les buts principaux de la médecine sont de prévenir les maladies et de soigner les malades mais en aucun cas de les tuer.

Cette délégation de soignants vient rappeler et dénoncer ces graves dérives à la Marche pour la Vie, mais également, manifester son refus de participer à ces actes et exiger de pouvoir exercer sa clause de conscience. Beaucoup de soignants le font déjà, individuellement dans leur lieu de travail ; mais là l'idée il s’agit de le dire publiquement et de le montrer ; comme d’ailleurs les sages-femmes l'avaient fait il y a quelques années.

2) Qui est concerné ?

Tous les professionnels et étudiants sont bien entendu concernés : à commencer par les médecins, directement impliqués parce que prescripteurs, mais aussi les sages-femmes, les infirmières (qui ont obligation d'appliquer la prescription médicale), les aides-soignantes, les pharmaciens, toutes les professions médicales et paramédicales qui, directement ou indirectement sont touchées par ces réalités, tous les étudiants de ces professions témoins impuissants de ces actes sur leur lieu d'exercice.

3) A ce sujet, quelle actualité concerne les soignants aujourd'hui ?

Déjà, toutes les lois contre la vie votées depuis plus de 40 ans et prochainement, la révision de la loi de bioéthique en 2018. Plusieurs problématiques éthiques vont se confirmer au cours des Etats Généraux puis lors du vote de la loi. Exemples : la PMA pour toutes les femmes, célibataires ou vivant en couple. Elle pose déjà des soucis éthiques pour les couples infertiles pathologiques mais là, ce sera bien pire. On n'est plus dans un problème de santé mais dans un désir personnel qui n'est pas de l'ordre du soin. A cela s'ajoute toute la discussion sur l'utilisation d'embryons congelés à réimplanter après la mort du conjoint, mais aussi celles sur la modification du génome humain, avec, pour commencer l'enfant à 3 ADN (un père 2 mères) mais aussi toutes les modification du génome humain par la méthode de CRISPR-Cas9. La GPA, même si elle n'est pas prévue directement dans le débat, arrivera forcément ensuite ; c'est une question d'égalité ; or ce sont des soignants qui permettent les GPA parce que les inséminations et toutes les manipulations préalables nécessitent des professionnels de santé. Autre sujet, l'utilisation du Big Data en médecine ou l'ouverture plus large au DPI. Pour la fin de vie, les questions de l'AMM (aide médicale à mourir) ou de l'AMS (aide médicalisé au suicide) seront aussi abordées, la ministre de la santé ne s'y est pas opposée. Autant de sujets qui impliquent directement les soignants et donc, pour lesquels, ils ont tous leur mot à dire !

4 ) Concrètement, comment les soignants qui le souhaitent peuvent vous rejoindre ?

Pour le rassemblement de la délégation soignants, le RDV est donné le 21 janvier, à 13h30 Porte Dauphine à Paris (lieu de départ de la MPV). Les professionnels et étudiants sont invités à venir habillés dans une tenue professionnelle, en blouse blanche ou celle qui est la leur.

Ceux qui veulent être discrets, qu'ils n'hésitent pas à porter un masque de bloc. Nous distribuerons aux soignants qui le veulent un autocollant format A4 sur lequel sera inscrit « Nos mains ne tueront pas ».

N'ayons pas peur, venons nombreux !

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