Marcia per la Vita Roma 19 mai 2018

Avec les photos de deux bébés souriants, l’un trisomique, l’autre en parfaite santé, les Italiens étaient appelés à manifester pour la 8e année consécutive « Pour la Vie, sans compromis » en plein cœur de Rome.

L’année 2018 commémore les 40 ans de la Loi n° 194 dépénalisant l’avortement, qui a fait depuis 1978 6 millions de victimes innocentes dans la péninsule.

La marche avait été précédée les 17 et 18 mai par la 5e édition du ROME LIFE FORUM, un congrès mondial en anglais, proposé par 25 organisations de 20 pays anglophones, réunis dans le collectif VOICE OF THE FAMILY, « La voix de la famille ». Une veillée d’adoration le soir du vendredi 18 mai dans l’église Santa Maria in Campitelli, sous la présidence du Cardinal Raymond Leo Burke, avait préparé spirituellement la marche. Dans son sermon, le prélat avait rappelé la dignité inaliénable de toute vie humaine, créée à l’image du Christ, et encouragé les fidèles à la prière et au témoignage public, car l’éternité d’une multitude de personnes est en jeu. « Dieu guide la bataille que nous devons mener. Qu’Il fasse de nous des soldats généreux et des défenseurs de ses petits frères innocents ! »

La présence de responsables d’associations pour la défense de la vie et de la famille, venus des cinq continents pour assister au Rome Life Forum, conférait un aspect international à la marche dans la Ville éternelle. Choisir la Vie avait délégué Angelika de Poncharra pour marquer son soutien.

Une fille de sainte Jeanne Beretta-Molla, qui avait sacrifié sa vie au profit de celle de l’enfant qu’elle attendait, participait à la marche. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants étaient au RDV à 15 h Piazza della Repubblica. De très nombreuses associations catholiques italiennes (paroisses, professions de santé, juristes, mouvements mariaux etc.) s’étaient mobilisées en force, mais aussi beaucoup de familles avec enfants ou handicapés. À la tête du cortège multicolore marchaient Cardinal Raymond Burke, Mgr. Livio Melina (Institut Jean-Paul II, Italie) et Mgr. Luigi Negri (archevêque émérite de Ferrare). Beaucoup de religieuses, des séminaristes du monde entier étudiant en Italie et un grand nombre de religieux et de prêtres étaient présents et récitaient le chapelet. Comme tous les ans à Rome, l’ambiance chaleureuse exprimait la joie de vivre. Un crucifix géant, des statues et de multiples bannières mariales ressortaient parmi toutes sortes de pancartes « contre l’avortement, ce nouveau génocide », ou « pour la protection des plus faibles »… Il y avait même des photos de fœtus déchiquetés. Dans les slogans lancés, le Christ et Notre-Dame étaient invoqués et la franc-maçonnerie et la démolition programmée de la famille et de la vie étaient vilipendées. À l’arrivée de la foule entre la Piazza Venezia et le Forum de Trajan, une bonne demi-dizaine d’élus italiens, avec leur écharpe, montait sur le fond du podium pour afficher publiquement leurs convictions. Au microphone, une femme de l’association LA VIGNE DE RACHEL a appelé à accompagner les femmes avec beaucoup d’amour, surtout après un avortement. L’une de ces femmes, une Napolitaine, qui avait subi « l’Interruption Médicale de Grossesse » de son bébé trisomique et était ensuite tombée dans le désespoir, a témoigné comment elle avait après coup réalisé l’amour inconditionnel de Dieu pour tout homme, la bénédiction qu’Il accorde à toute vie et la consolation qu’elle a reçue de Lui dans l’absolution sacramentelle. Son confesseur a ensuite appelé à prier et à mener le combat crucial pour la vie : « Il faut abroger les lois iniques et faire valoir l’objection de conscience ! »

Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, ayant été retenu en France, c’est une jeune porteuse de la trisomie qui a parlé au nom de tout un groupe d’enfants handicapés pour exprimer sa joie de vivre sa « bellissima vita », de pouvoir travailler, se rendre utile partout et d’avoir de nombreux amis.

Viviane Lambert, la courageuse maman de Vincent, a témoigné comment la vie des porteurs de handicaps est attaquée par des expertises médicales partiales, par l’absence de soins, de rééducation, voire d’alimentation et d’hydratation. Vincent est l’un des 1.700 grands handicapés dans son cas en France, n’est pas du tout mourant, mais capable de communiquer avec ceux qui le mettent en confiance et a besoin de relations humaines. « Résistons ! La vie triomphera, et mon fils ne doit pas devenir un exemple d’euthanasie ! »

Virginia Coda Nunziante, l’organisatrice de la Marcia per la Vita, a appelé à témoigner de notre solidarité envers les victimes du massacre des enfants à naître (50 millions par an dans le monde), à faire abroger des lois hypocrites, à stopper l’eugénisme et l’infanticide d’État, comme pratiqués en Grande-Bretagne, ainsi qu’à arrêter l’auto-destruction de nos pays et de leur avenir par la culture de mort. « Notre Seigneur est le seul Maître de la vie et de la mort ! » Des enfants ont rappelé le souvenir du bébé anglais assassiné, Alfie Evans, et de très jeunes choristes ont chanté la vie, avant le lâcher de ballons multicolores, qui terminait vers 17 h 45 la 8e marche italienne pour la vie, en invitant à celle de l’année prochaine.

Angelika de Poncharra, déléguée aux relations internationales de CHOISIR LA VIE FRANCE. Crédit photos don Elvir Tabaković, Can.Reg.

Rassemblement devant l’église Ste. Marie des Anges et des Martyrs à Rome

Marche nationale pour la Vie : 40 ans de la Loi n° 194, 6 millions de victimes

De g à dr, Mgr Luigi Negri (archevêque émérite de Ferrare), Cardinal Raymond Leo Burke, Mgr Melina (Recteur de l’Institut Pontifical Jean-Paul II pour les études sur le Mariage et la Famille, Italie), Prof. Roberto de Mattei (Fondation Lepanto)

Jeanne Smits, journaliste, Viviane Lambert, Angelika de Poncharra

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