Merci Docteur!

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Le président du Syndicat national des gynécologues (Syngof), Bertrand de Rochambeau, a justifié son refus de pratiquer l’interruption volontaire de grossesse, qu’il considère comme un « homicide ».

Il est très critiqué par des militants féministes et laïques.

La ministre de la Santé et la secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes ont condamné ces propos. Lui dit n'avoir parlé qu'en son nom. « Nous ne sommes pas là pour retirer des vies », déclare le président du Syndicat national des gynécologues (Syngof), Bertrand de Rochambeau, dans un reportage diffusé mardi sur TMC.

La journaliste de l’émission Quotidien lui objecte que « ce n’est pas un homicide de faire une IVG ». Le gynécologue répond : « Si, madame. » 

Selon les pays, l'accès à l'avortement est toujours très inégal Avant d’ajouter, dans un autre extrait de cet entretien : « En tant que médecin, je ne suis pas forcé d’avoir votre opinion et, si je ne l’ai pas, la loi me protège et ma conscience aussi. » De fait, selon l’article L2212-8 du Code de la santé publique, « un médecin n’est jamais tenu de pratiquer une IVG », de même qu'« aucune sage-femme, aucun infirmier ou infirmière, aucun auxiliaire médical, quel qu’il soit, n’est tenu de concourir » à cet acte médical. En cas de refus, le médecin doit cependant « communiquer immédiatement le nom de praticiens susceptibles de réaliser cette intervention ».

  « L'IVG doit être un droit réel, que chaque femme doit pouvoir exercer en toute liberté », ont réagi dans un communiqué commun la ministre de la Santé Agnès Buzyn et la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité Marlène Schiappa, qui ont condamné « fermement » les propos tenus. « Cela fait maintenant plus de 40 ans que ce droit leur est acquis. Rien ni personne ne doit l'entraver ». « Si les médecins ont effectivement le droit de refuser de pratiquer un IVG, ils ont, en revanche, l'obligation d'orienter la patiente vers un autre praticien ou une structure qui répondront à sa demande », ont noté la ministre et la secrétaire d'Etat, qui soulignent par ailleurs l'existence d'un « délit d'entrave » pour les actions empêchant l'accès à l'information sur l'IVG et aux établissements qui la pratiquent. « Scandaleux ! », a réagi sur Twitter la coprésidente du planning familial, Véronique Séhier, pour qui « la clause de conscience est une entrave aux droits des femmes et à leur santé ». Le Collectif national pour les droits des femmes a pour sa part estimé, sur le même réseau social, que Bertrand de Rochambeau « fait ouvertement de la pub aux lobbys anti-IVG ». « Il s’agit de prosélytisme anti-IVG, ce qui de la part du président du Syngof est scandaleux ! », a protesté Christian Gaudray, président de l’Union des familles laïques (Ufal). Le rapporteur général de l’Observatoire de la Laïcité, Nicolas Cadène, a également souligné qu'« un refus d’un médecin ne peut s’accompagner d’une quelconque pression ou de prosélytisme religieux ».

Face à la polémique, le gynécologue a précisé ses propos sur RTL ce mercredi midi. « C'est mon avis personnel et pas celui de la profession », adéclaré Bertrand de Rochambeau qui a aussi évoqué les conditions de l'entretien. « Mes propos ont été utilisés », affirme-t-il, « ce sont des propos personnels, mon engagement personnel, mais ce n'est pas celui du syndicat. » Il ajoute regrettait d'avoir répondu à cette question qui est arrivée à l'issue d'une interview d'un quart d'heure, selon lui. 24 % des gynécologues

De son côté, le Syngof avait affirmé dans un communiqué début août que « ce n’est pas en retirant leur éthique et leur conscience aux médecins que la nation permettra un égal accès à l’avortement pour les Françaises qui le demandent ». Ce syndicat revendique « 1 600 adhérents à jour de cotisation », soit moins d’un quart des 6 748 gynécologues recensés en 2017 par l’Ordre des médecins.

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