Patricia de Poncins: "la vie est avant tout un Don" (interview dans Présent)

Patricia de Poncins : « La vie est avant tout un don »

Depuis l’an 2000, la journée de la fête des mères est aussi devenue la Journée nationale pour la vie. Une initiative qui a été lancée à la suite d’une demande du pape Jean-Paul II. Depuis, plusieurs associations dirigent cet événement. Patricia de Poncins est responsable de cette Journée nationale pour la vie pour l’association Choisir la Vie.

— Que se passe-t-il de particulier pour cette Journée nationale pour la vie ?

— Des actions sont proposées par différentes paroisses, comme des veillées de prières. Des quêtes sont aussi organisées par les AFC pour aider les mères en difficulté. Nous proposons également sur notre site des affiches que l’on peut déposer chez les commerçants. La Journée pour la vie se veut plus grand public, dans le sens où elle est moins militante que la Marche pour la vie. Le but premier est de célébrer la beauté de la vie, et les affiches que l’on dépose chez les commerçants – et qui sont très bien acceptées – ont pour but de sensibiliser le grand public à cette beauté.

— Depuis que la journée existe, avez-vous une évolution dans la mobilisation ?

— Le sujet demeure tabou. Malgré tout, beaucoup de petites initiatives se mettent en place. Il serait bon, il est vrai, que nous soyons plus relayés. Nous avons cependant remarqué que la mobilisation est plus importante de la part de l’Eglise de France, et notamment de la part des évêques, qui étaient auparavant beaucoup plus silencieux à ce sujet. Avec les lois qui sont passées comme le délit d’entrave numérique, les attaques se font plus fortes. Cela oblige les personnes à se mobiliser davantage.

— Quels sont les grands enjeux de notre société ?

— Le principal reste le même : dire la vérité. La vie n’a jamais autant été convoitée. Tout le monde revendique le fait d’avoir un enfant. En parallèle, il y a toujours plus de manipulations autour de la vie, qui sont autant de menaces. C’est pourquoi cette journée est importante pour rappeler que la vie est avant tout un don. Même les femmes qui ont eu un enfant dans des conditions difficiles peuvent aujourd’hui manifester la joie qu’elles ont eue de l’accueillir. Internet, pour cela, peut se révéler un formidable vecteur. Beaucoup de jeunes mères y témoignent. C’est aussi un lieu de combat pour la vérité pour la défense de la vie des plus faibles, à une heure où l’on veut tout maîtriser. L’Education nationale parle de sexualité, de sensibilisation à la sexualité. Le site du gouvernement n’a qu’une approche contraceptive des choses. Il y a urgence à communiquer à ce niveau-là. Combattre pour cette vérité est plus important que jamais, même si cela est difficile. Dire la vérité est toujours difficile.

— Les associations qui participent à cette journée ont des antennes d’écoute pour les futures mères en difficulté ou les soignants. Ces antennes fonctionnent-elles ?

— Nous avons beaucoup de demandes, notamment de femmes en difficulté qui sont très seules. Nous rencontrons tous les cas de figure, mais leur point commun est qu’elles ont besoin de parler. Nombre d’entre elles ont déjà subi un avortement et ne veulent pas recommencer mais subissent d’énormes pressions. Le but de ces antennes est avant tout d’écouter ces personnes et de les amener à écouter ce qu’elles ont au fond de leur cœur. Et leur dire ce qu’elles n’entendront nulle part ailleurs : la réalité de l’avortement.

— Un nouveau gouvernement est en train de se mettre en place en France. Quelles sont vos premières impressions par rapport aux nominations des ministres et secrétaires d’Etat ?

— Nous avons tout de suite remarqué qu’il n’y avait ni ministère, ni secrétariat d’Etat dédié à la famille. Cela paraît incroyable lorsque l’on sait que la famille est le socle de la société et cela en dit long sur les priorités du gouvernement. Nous sommes donc forcément inquiets. D’autant que le nouveau ministre de la Santé, Agnès Buzyn, s’est empressé d’encourager le dépistage de la trisomie 21. Notre combat n’est pas fini !  Propos recueillis par Anne Isabeth (dans Présent)

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