PÈRES, RÉAGISSONS!

L’avortement n’épargne ni les hommes ni les enfants. Pères, réagissons !

Retour sur la conférence de Michel Hermenjat à CHOISIR LA VIE – ISÈRE

 

Samedi 2 février 2019, Michel Hermenjat est intervenu  à Grenoble à l’occasion de l'assemblée générale de Choisir la Vie – Isère devant une trentaine de personnes. Il a présenté non seulement ses livres « Cet enfant qui m'a manqué : Parole d'homme face à l’avortement »1 et « Adonaissance : Ces jeunes qui donnent la vie en contrebande »2, mais aussi son action d'éducateur et de militant en faveur des mineures enceintes et des très jeunes parents.

Fils d’une mère féministe, qui n'a pas voulu garder le quatrième enfant qu'elle attendait, Michel Hermenjat, âgé de 21 ans, et son amie de 18 ans, devenue ensuite son épouse, attendaient un enfant. Sous la pression de leurs mères respectives et de leur entourage, ils ont eu recours pour la première grossesse à l'avortement chirurgical par aspiration. Un an plus tard, mariés et devenus chrétiens tous les deux, une lente prise de conscience a commencé sur les conséquences de leur décision et leur coresponsabilité dans cet avortement. Lui pouvait croire au pardon de Dieu, mais avait beaucoup plus de mal à se pardonner lui-même sa démission et sa lâcheté. Finalement, il s’est résolu à reconnaître sa complicité dans le meurtre de son premier enfant. Malgré des blessures psychiques et physiques dues à l'avortement, le couple a pu accueillir cinq autres enfants. Le processus de deuil et de réconciliation dans le couple et avec ses enfants nés vivants a pris plus de 20 ans.  

Les enfants ont une intuition inexplicable de la brève existence d'autres enfants de leur fratrie, non nés ou morts. Pendant toute son enfance, Michel jouait avec des camarades plus jeunes que lui, comme s'il cherchait le petit frère dont personne ne lui avait parlé. À 45 ans, il a appris par un lapsus de sa mère qu’elle avait subi un avortement et compris qu’il avait répété une tragédie familiale et que ce petit frère avait bel et bien existé. Il fallait alors absolument que ce cercle tragique cesse. 

Après une session thérapeutique, les parents ont pu demander pardon à leurs enfants : « Nous avions tort ! Plus jamais nous ne serons une menace pour l'un d'entre vous ! » Toute la famille a pris le temps de lire la page de l'avortement avant de la tourner et d’entrer ensemble dans le deuil. À sa fille adolescente, Michel a dit : « Je suis fier de ta féminité et de ta capacité de donner la vie ! Je serai toujours avec toi et dans la fête si tu attends un enfant, quelles que soient les circonstances. » Tous ont éprouvé un sentiment de sécurité, qui n’existait pas auparavant. Aujourd'hui, la famille compte 17 petits-enfants, dont le dernier, porteur de trisomie, renforce l'union et la joie de tous. Il n'y a pas d'enfant « accident » !Les enfants accueillis sans condition « nous élèvent en humanité », les enfants non nés nous manquent. 

Après ce long processus de deuil, le conférencier s'est engagé résolument pour la vie et veut donner la parole à ces pères qui souffrent en silence après l’avortement. Certains disent avoir honte de leur souffrance, d’autres sont blessés au plus profond de leur masculinité et de leur paternité. Si, souvent l'homme ne se sent vraiment père qu'à l'accouchement, il gagnerait à prendre ses responsabilités avant l'union des corps et au plus tard dès le début d'une grossesse.  

Michel Hermenjat encourage les pères, et spécialement ceux qui voudraient fuir devant leur responsabilité, à prendre confiance et à assumer leur paternité. La motivation profonde est de ramener l'homme à retrouver son rôle de protecteur et de soutien de la femme et des enfants dès qu’ils s’annoncent 

Éducateur auprès de jeunes en rupture sociale ou victimes de violences familiales, l’orateur fut confronté durant les 20 dernières années de sa carrière à la réalité des mineures enceintes. Il a étudié les motivations et les besoins de celles qui poursuivaient leur grossesse contre vents et marées. Les très jeunes parents évoluent dans un contexte bien plus hostile aujourd’hui qu’hier, il y en a 10 fois moins qu’il y a trente ans, car ils doivent se battre pour échapper à l'avortement.  Les mineures enceintes qui résistent à la norme ambiante nous donnent parfois de formidables leçons de vie. 

Elles acquièrent une grande maturité dès le début de la grossesse et se battent souvent seules pour leurs enfants. Elles sont « les héroïnes de ce siècle ». Pour elles « les enfants génèrent des solutions, et la vie trouve toujours son chemin ! » Nous avons tout à gagner à accueillir ces très jeunes mamans et beaucoup à apprendre d'elles. Valorisons les très jeunes (futurs) papas et soutenons les très jeunes familles et les mamans célibataires !

 

Angelika de Poncharra, Choisir la Vie

1 édition Première Partie, 2012

2 éditions Anamon, 2018. Diffusion pour la France www.clcfrance.com 

 

 

Tags: