Projet de loi de Bioéthique : L'embryon sacrifié (edito bulletin 86)

Le 20 octobre dernier, le projet de loi de bioéthique a enfin été présenté en Conseil des ministres.

A la lecture du projet, nous ne pouvons qu’être frappés par le fossé existant entre celui-ci et les conclusions des Etats Généraux de la Bioéthique où les citoyens, unanimement ,avaient fait part de leur souhait de limiter la sélection et l’élimination des êtres humains. Comment peut-on qualifier cet acharnement scandaleux à maintenir des recherches qui ne présentent aucune avancée thérapeutique majeure sinon comme une véritable guerre programmée contre l’embryon ?

Concernant par exemple la recherche sur l’embryon ; alors que le projet de loi maintient l’interdiction de cette recherche, il est cependant bien moins exigeant sur les conditions d’obtention des dérogations de ce principe que la loi de 2004..Autrement dit, c’est comme si les recherches étaient autorisées! Et pourtant, les recherches sur les cellules souches adultes ou de sang de cordon ont démontré des résultats thérapeutiques certains, contrairement aux cellules embryonnaires.

Quant au diagnostic prénatal, si nous nous réjouissons du refus du gouvernement d’étendre le diagnostic pré implantatoire (DPI) à la détection de la T21,la situation française reste alarmante puisque notre pays semble se complaire dans la première place qu’il occupe dans les pratiques eugéniques (96 % des foetus porteurs de T21 sont avortés !). Or, le projet de loi persiste à maintenir le dépistage des enfants à naître en étendant même sa pratique aux sages-femmes !
Nous ne pouvons nous satisfaire d’une telle loi, de surcroît lorsque nous entendons les propos de chercheurs renommés que la France a mis sur un piédestal. Ainsi, Robert Geoffrey Edwards, britannique, pionnier de la FIV, confiait récemment à la BBC "Je n’ai jamais été effrayé par la dimension éthique"» . Il y’a trois ans dans un entretien accordé au Monde, il contestait également la conception française qui "entend réfléchir à priori sur ce qui est ou non autorisé trouvant cela absolument pas constructif".

Ce dernier a-t’il donc oublié la célèbre phrase de Rabelais "science sans conscience n’est que ruine de l’âme"?

Cécile EDEL
Présidente

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