actualités

actualités oct-nov-dec 2011

Le Conseil de l'Europe condamne la sélection prénatale en fonction du sexe.
Le 3 octobre 2011, l'Assemblée du Conseil de l'Europe a adopté une résolution qui condamne la
sélection prénatale en raison du sexe de l'enfant à naître, exclusivement les filles. Cette pratique
touche aussi 4 pays membres du Conseil de l'Europe : l'Albanie, l'Arménie, l'Azerbaïdjan et la
Géorgie.

26 octobre 2011 : Lancement des Articles de San José par Anna Zaborska et Alojz Peterle, députés
au Parlement européen.

Deux députés au Parlement européen, la slovaque Anna Zaborska et le slovène Alojz Peterle, ont
lancé au Parlement européen, les Articles de San José à la signature des députés européens. Ces
Articles ont été adoptés le 25 mars 2011 au Costa Rica par un groupe d'experts international.
L'objectif de ces Articles est de rappeler aux décideurs politiques et à l'opinion publique que « la vie
humaine commence dès la fécondation et qu'à ce titre elle mérite une protection juridique », comme
l'a précisé la Cour de Justice européenne, le 18 octobre 2011.

2 novembre 2011 : une victoire !
Pas de brevets européens sur les cellules souches embryonnaires humaines a annoncé la Cour
européenne de justice (CEJ). Ne seront brevetables que les techniques ne nécessitant pas la
destruction d’un embryon.
Au même moment, se tenait d’ailleurs au Vatican un colloque pluridisciplinaire scientifique et
culturel pour soutenir activement la recherche sur les cellules souches adultes qui ne posent aucun
problèmes éthiques et offrent des garanties sur le respect de la vie.

20 novembre 2011 : Elections espagnoles : un changement de majorité

Grâce à la victoire du parti populaire de Mariano Rajoy (droite), la loi sur l’avortement votée en
2010 sous l’impulsion du gouvernement socialiste va être modifiée. Le PP s’est engagé en particulier
à revenir sur une disposition de la loi qui permet aux adolescentes d’avorter sans autorisation
parentale.

France : SOS OVOCYTES !
L’agence de Biomédecine a lancé une grande campagne nationale sur le don d’ovocytes et de
spermatozoïdes, à travers le message : « Vous pouvez donner le bonheur d’être parents ». Au
programme : affichage, envoi de brochures dans les cabinets médicaux et appel à témoignages sur
le site internet de l’Agence de biomédecine. Or la méthode est plus que douteuse : alors que le don
d’ovocytes est contraignant et fait encore débat quant aux risques médicaux, il est spécifié sur le site
que ne seront publiés que les témoignages « positifs et/ou incitatifs » !

La Russie veut relancer sa démographie et limiter l’avortement

En cours de ratification, la nouvelle loi prévoit en ce qui concerne l’avortement un cadre plus strict.
Alors qu’en effet sous l’URSS, en cas de grossesse non souhaitée la liberté des femmes d’avorter
était totale, les IVG ne pourront désormais plus intervenir au-delà de 12 semaines de grossesse.
A l’exception des femmes n’ayant pas les moyens d’élever un enfant : le délai passe alors à 22
semaines. La loi prévoit également une période de 2 à 7 jours avant l’IVG afin de laisser un temps de
réflexion. L’objectif étant d’améliorer la santé publique et encourager la natalité .

Une Fondation Lejeune aux Etats-Unis
Communiqué de la Fondation :
"A l’occasion de la 2ème édition du Prix international Sisley - Jérôme Lejeune jeudi 8 décembre au
soir, décerné au Professeur William Mobley (Université de Californie et Faculté de médecine de
San Diego) pour ses travaux ambitieux et innovants sur la recherche de traitements agissant sur la
déficience intellectuelle de la trisomie 21, Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme
Lejeune, a annoncé la création d’une Fondation Jérôme Lejeune aux Etats-Unis William Mobley a
accepté de présider son Conseil scientifique. [...]
Elle vise à dynamiser la recherche sur les déficiences intellectuelles d’origine génétique. La présidence
du conseil scientifique a été confiée au professeur William Mobley dont l’engagement et l’expertise
dans ce domaine sont un gage d‘excellence pour la Fondation Jérôme Lejeune."

Téléthon : une imposture
A l’occasion des 25 ans du Téléthon, l’AFM (Association française contre les myopathies) met en
avant 25 avancées présentées comme « spectaculaires » et « au bénéfice du plus grand nombre »,
réalisées grâce à la générosité des Français. En se fondant sur trois exemples, la Fondation Jérôme
Lejeune rappelle en quoi ces avancées sont contestables sur les plans éthique, scientifique et
juridique.
Exemple 1 en particulier : « L’ « avancée » relative aux diagnostics prénatal (DPN) et préimplantatoire
(DPI)
Dans la première partie de son document, « La révolution génétique », l’AFM met en avant les
progrès faits ces dernières années en matière de diagnostics prénatal et pré-implantatoire (avancée
spectaculaire n°3 : « L’amélioration du diagnostic »). Extraits du document de l’AFM : "Des milliers
de familles frappées par des maladies génétiques ont aujourd’hui accès à un diagnostic, au conseil
génétique ainsi qu’aux diagnostics pré-natal et pré-implantatoire pour pouvoir agrandir le cercle
familial."
La Fondation Jérôme Lejeune souligne l’indécence de cette présentation. La plupart des embryons
ou foetus porteurs de maladies génétiques ou chromosomiques détectées étant détruits suite aux
DPI et DPN, la communication enthousiaste de l’AFM est choquante.
Il s'agit d'une sélection eugéniste à l’issue de laquelle ne survivent que des « bébés-zéro-défauts ».
Est-il possible de se réjouir ainsi de techniques qui conduisent à la mort ? » (source : Le Salon beige)

Actualités septembre 2011


Mexique : victoire pro-vie
La Cour suprême du Mexique
a rejeté un recours de partisans de l'avortement pour faire déclarer anticonstitutionnel un texte législatif d'un Etat mexicain interdisant l'avortement. Au Mexique, seul l'Etat de la capitale fédérale Mexico a totalement dépénalisé l'avortement possible dans les 12 premières semaines de gestation, depuis une loi votée en avril 2008 et ratifiée par la Cour suprême un an plus tard. Le vote de cette loi a été le point de départ d'une campagne pro-vie appuyée par l'Eglise catholique, qui s'est traduite par le vote dans 16 Etats mexicains sur 31 de lois protégeant la vie dès la conception.

France : la "contraception de rattrapage" délivrée par des infirmiers

Le 28 septembre dernier, un amendement présenté par M. Robinet a été adopté. Il a pour objet de permettre un accès effectif aux contraceptifs en modifiant l’article L. 5134 du code de la santé publique sur deux points. Il est tout d’abord proposé que les sages-femmes puissent prescrire une contraception (hors situations pathologiques qui relèvent de la compétence des médecins) et assurer le suivi biologique de la patiente. Par ailleurs, il est proposé d’adapter les dispositions de la loi HPST du 21 juillet 2009 relatives à la délivrance de la contraception dans les services universitaires et interuniversitaires de médecine préventive et de promotion de la santé (SUIMPPS) en la limitant à la seule contraception d’urgence et en autorisant les infirmiers exerçant dans ces services à procéder à la délivrance et l’administration de cette contraception de rattrapage.(source : le salon beige)

Tentatives croissantes d’imposer la culture de mort à l’ONU

Durant les mois d’été,  le Secrétariat Général des Nations Unies a publié un rapport du Comité des Droits de l’Homme qui affirme que toutes les nations devraient accepter que les femmes et les filles aient un droit d’accès

à l’avortement pour que celles-ci puissent jouir de leurs droits de l’homme. Le rapport, rédigé par le rapporteur

spécial de l’ONU Anand Grover , fait le lien entre l’avortement à la demande et le droit fondamental au

standard le plus élevé de santé physique et mentale. Selon lui, “les lois pénalisant et réduisant l’avortement [IMG et IVG] sont des exemples par excellence d’entraves inacceptables à la réalisation des droits des femmes à la santé, et doivent être éliminées”. M. Grover poursuit en disant que la seule légalisation de l’avortement est (certes nécessaire mais) pas suffisante pour considérer que les Etats ne sont pas coupables de violation du droit

 

des femmes à la santé. Les Etats doivent aussi activement promouvoir la procédure. [...]

Espagne : procès contre la pilule du lendemain

L'association nationale des avocats chrétiens en Espagne souhaite poursuivre les ministres responsables de sa diffusion pour « négligences graves ». Il leur est reproché d'avoir autorisé la vente de la pilule sans ordonnance

malgré les risques graves et même mortels que cette molécule peut faire encourir à la santé. Risques qui sont connus depuis plus de 30 ans .De même, l'association espagnole pour la défense du droit à l'objection de conscience a rédigé une lettre ouverte aux présidents des Collèges de pharmaciens demandant leur soutien pour obtenir le droit pour les pharmaciens de refuser la vente de la pilule du lendemain.

Refus de l'avortement au Liechtenstein

La population du Liechtenstein a refusé de légaliser l'avortement, en votant contre une initiative populaire en ce sens soumise à référendum.

Grande-Bretagne : débat au Parlement sur l'avortement

Au parlement anglais, la députée conservatrice Nadine Dorries s’apprête à déposer un amendement visant à restreindre les facilités d’accès à l’avortement en Grande Bretagne, où l’IVG est actuellement autorisé

jusqu’à 24 semaines de grossesse. Après avoir tenté sans succès en 2008 de réduire ce délai maximal, elle s’attaque désormais à la prise en charge des entretiens pré-IVG par les cliniques où ceux-ci sont pratiqués.

 Elle souhaite qu’ils soient désormais externalisés vers des organismes indépendants, et qu’un délai de réflexion pouvant aller jusqu’à 10 jours soit requis pour les femmes qui font une demande d’intervention.

Les sages-femmes ne pratiqueront pas l'avortement par voie médicamenteuse

Pour la seconde fois, le Conseil constitutionnel a invalidé la pratique de l’IVG médicamenteuse par les sages-femmes (décision JO 11 août 2011).
En effet, le 24 mai dernier,  l’amendement scandaleux Poletti-Boyer avait été réintroduit dans la loi HPST; cet amendement prévoyait d’autoriser dans une région donnée (celle qui présente le plus fort taux d’avortements) la pratique des avortements médicamenteux par les sages-femmes.
Le Conseil d’Etat, durant l’été 2009, avait déjà annulé la procédure pour une question de délai. Les demandeurs ont donc reformulé la demande en la complétant.

Choisir la Vie, qui avait, à de nombreuses reprises, exprimée à ce sujet son mécontentement auprès des parlementaires et sénateurs et qui s'était mobilisée pour demander la saisine du Conseil constitutionnel, n'a pu que se sentir soulagée de la décision de ce dernier.
La prescription d’une IVG médicamenteuse restera toujours contraire à l’essence du métier de sage-femme dont la formation et les compétences sont orientées vers l’accompagnement et l’accueil de l’enfant à naître. Les obliger à devenir des auxiliaires de la médecine pour la pratique de l’avortement, met en péril le sens et les motivations attachés à la qualité de leur savoir-faire qui doit être préservé.  


A la poursuite de l'enfant parfait...

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BIOETHIQUE : les sénateurs banalisent le diagnostic prénatal.

          Quand le fantasme de l’enfant parfait devient réalité.

             Par  Cécile EDEL, présidente de Choisir la Vie

 

 Alors que le 8 avril dernier, le Sénat avait déjà voté un amendement extrêmement inquiétant  visant à supprimer la condition de la nécessité médicale pour le recours au diagnostic prénatal (DPN), la commission spéciale de l’Assemblée nationale préparant l’examen du projet de loi de bioéthique en 2ème lecture vient de franchir un nouveau pas dans la chosification de l'embryon et le non respect de sa dignité.

Ainsi, il convient de relever que cette commission spéciale a avalisé :

-         la suppression du principe d'interdiction de la recherche sur l'embryon

-    la systématisation du diagnostic prénatal en inscrivant l'obligation pour le médecin de le proposer à toute femme enceinte sans considération de son état médical  (âge, antécédents...)

-        l'autorisation du don de gamètes par des individus, hommes ou femmes non encore parents

Avec ces nouvelles dispositions le dépistage devient systématique puisque le professionnel, le médecin, se verra ainsi obliger de proposer ce dépistage à  la patiente, même si celle-ci n’a aucun risque potentiel d’avoir un enfant « handicapé », cette dernière décidant seule d'y  recourir  pour « traquer » les éventuelles infirmités de son bébé. Ne soyons d’ailleurs pas naïfs à ce sujet ; si un éventuel handicap est détecté, dans la plupart des cas, un avortement est ensuite préconisé.

Au regard de cette dérive banalisant un peu plus encore le DPN et le dépistage,  l’envie ne manque pas de rappeler à nos sénateurs quelques éléments des Etats Généraux de la Bioéthique parmi lesquels la réflexion de nos concitoyens au sujet du DPI et DPN. Ces derniers  avaient, en effet, tenu à préciser que  « l’exercice de la médecine, irréductible au simple usage d’une technique, engage toujours une certaine idée de l’homme ? (p 40) et que « ni la maladie ni le handicap n’altère notre humanité, que nos différences définissent notre humanité commune, que la solution au handicap passe exclusivement par la recherche sur la maladie et non par l’élimination»  Voici là une bien sage réflexion !

Il est étonnant de constater, alors, combien aussitôt, ces grands principes fondant le caractère pleinement humain d’une civilisation érigés, ces derniers sont quasi immédiatement et sans que cela ne semble poser un quelconque problème éthique,  bafoués par nos élus supposés « sages ».

Sans nul doute, les nouvelles technologies médicales ont produit des modifications radicales en particulier dans le domaine de la procréation. Et, si nous souhaitons être au plus juste dans la recherche des enjeux éthiques et psychologiques de ces  biotechnologies, on ne peut se faire l’économie des questions suivantes :

 - Puisque nos concitoyens eux-mêmes semblent convaincus que « l’exercice de la médecine engage une certaine idée de l’homme », demandons nous alors quelle idée de l’homme est  véhiculée au travers des diverses techniques de dépistage ? La nature de l’homme, comme nombreux s’accordent à le dire, serait au delà de son handicap ou de sa maladie mais, alors pourquoi ceux-ci conditionneraient-ils malgré tout son droit d’exister ou non ?

- Que peut véhiculer dans l’inconscient collectif la notion même de diagnostic prénatal ou diagnostic pré-implantatoire ? Diagnostiquer, c’est dévoiler une maladie. Une fois la maladie révélée…qu’en fait-on ? Que fait-on de la maladie et que fait-on du malade ? Car il s’agit bien de cela d’un malade et d’une maladie.

- Que dire d’une société où la fragilité, la maladie n’a pas sa place ? La diversité humaine, la maladie sont constitutives de la destinée humaine. Si la maladie n’est plus acceptée en tant que telle c’est le malade, le handicapé, la personne déficiente, qui est rejeté de la sphère des humains et qui n’a plus droit de cité.

- Qu’envoyons-nous comme message à toutes les personnes atteintes d’une grave maladie ou handicap ? Comment les respecte-t-on ? Peut-on prétendre les respecter, voire se prévaloir de contribuer à leur meilleure insertion dans la société, si on leur signifie par nos actes qu’elles ne sont pas les bienvenues puisque leur pairs, qui leur ressemblent dans leur différence, sont éliminés parce que non conformes à une certaine idée de perfection ?

Il est normal de craindre la maladie et d’éviter celle-ci mais pas d’éviter le malade ! La personne handicapée n’existe plus alors pour elle-même mais seulement par sa maladie. Sa maladie existe mais elle non. Les deux sont amalgamés.

 

Aujourd’hui, les progrès dans la maîtrise des techniques médicales et  les avancées récentes dans le dépistage du handicap ou des maladies graves, permettent malheureusement aux praticiens de répondre à des demandes de conception, de réparation, d’ «élimination » parfois totalement irraisonnées. Ces progrès sont également à l’origine d’un changement de mentalités.

En effet, il ya plusieurs  années,  lorsque la notion de dépistage n’était pas d’actualité, à l’annonce par exemple d’une naissance d’un enfant très gravement atteint, c’était la notion de « deuil de l’enfant imaginaire », qui était imposée aux parents comme une épreuve obligée.

Aujourd’hui, nous sommes dans un contexte où la naissance obligatoire d’un enfant non  handicapé, non malade peut être imaginée, et surtout entrée dans le champ du possible. Les parents peuvent ainsi se sentir fondés à rêver d'un enfant parfait et à attendre de la médecine l'accomplissement de ce rêve. Pourquoi les parents ne profiteraient-ils pas au maximum de ces nouvelles technologies pour donner naissance à l’«enfant de leurs rêves», rayonnant de santé et de talents?

Un dangereux fantasme se profile pourtant derrière ce bel espoir, et ce danger est bien affirmé par  de nombreuses voix parmi les communautés bioéthique et scientifique, les organisations de défense des handicapés qui nous imposent de réfléchir aux dangers des tentatives d’«amélioration» génétique de l’espèce humaine.

Pourquoi, cette attitude persistante de rejet de la différence ? Pourquoi dépister tous handicaps potentiels jusqu’à éliminer l’être même porteur de ce handicap est il devenu une obsession chez certains ?

Si nous nous fondons sur une démarche psychologique, l’analyse des représentations inconscientes que suscite inévitablement le handicap et l’analyse du mythe de l’enfant parfait (mythe qui malheureusement aujourd’hui peut devenir réalité grâce aux nouvelles techniques comme le DPI ou le DPN) peuvent nous apporter quelques éléments de réponses.

Attardons nous sur les représentations que nous avons du handicap.

-       Le handicap, bien entendu, décourage. La réalité biologique a en effet des conséquences irréversibles qui contraignent à abandonner, pour une large part, l’espoir de guérison. Le caractère irrémédiable du handicap a malheureusement pour effet de briser l’élan thérapeutique.

-       Le handicap fait également peur car il nous confronte  aux limites de l’humain. L’enfant handicapé, par son étrangeté, révèle en fait, comme dans un « miroir brisé »[1],notre propre étrangeté. L’enfant handicapé ne peut qu’envoyer à ses parents une image déformée, tel un miroir brisé, dans laquelle ils ont du mal à reconnaitre l’enfant attendu, l’enfant qui se situe dans la filiation et qui doit les perpétuer après la mort. Cet enfant là, certes, est loin de l’enfant espéré ; il nait à rebours du mythe de l’enfant attendu, sain, sans tare voire parfait. Il vient donner corps à quelque chose d’irreprésentable. Aucune représentation ne permet de donner forme à cet évènement, ou plutôt, les représentations sont si intolérables qu’elles sont chassées du conscient.

Mais l’enfant espéré, attendu, imaginaire qui naît du désir d’enfant n’est il pas un mirage ? Beaucoup d’auteurs se sont prononcés sur le fait qu’accomplir ce désir là était en fait accomplir le désir le plus chargé en leurres car l’enfant du désir est un enfant imaginaire, porteur inévitablement d’un fantasme : celui de l’enfant parfait. L’enfant qui arrive, l’enfant réel semble ainsi toujours être à une certaine distance de ce que ces parents avaient espéré. De ce fait, la réalisation du désir d’enfant est d’autant plus troublante que l’enfant réel ne semble pas toujours être l’enfant du désir.

Si concrètement, par un dépistage précoce, l’être humain différent, est éliminé, si la différence, l’imperfection est reléguée au rang de l’inacceptable, alors,  dans l’inconscient collectif, le message véhiculé sera que notre propre existence est corrélée à des conditions particulières. La notion de projet parental vient d’ailleurs bien confirmer cette idée.

Si l’être humain ne tire son existence que du « projet parental » et de la toute puissance du désir que ses parents projettent sur lui alors, la personne handicapée ne peut exister car le handicap est obligatoirement exclu du « projet parental ». Qui aurait comme projet d’avoir un enfant handicapé ? La différence est exclue. L’enfant, puis l’adulte qu’il deviendra, doit être conforme au projet que ses parents, que la société a sur lui.

« De fait, l’enfant non désiré, non parfait qui nait en dehors d’un projet parental , n’a plus aucun droit, puisqu’il a perdu celui qui prélude à tous les autres, le droit d’exister ! Cette idéologie de l’enfant désiré est donc une sentence de mort, dont l’exécution en suspens ne dépend que de la décision des parents. Et pourtant, en aucun cas, l’accueil de l’enfant ne doit être subordonné aux aléas du désir qu’on a de lui. La reconnaissance de son humanité est inhérente à la personne humaine et ne dépend pas de conditions qui lui sont extérieures et qui varient avec la versatilité des modes et des éthiques de circonstances. »[2]

Comment peut-on nier que les tests de dépistage et la notion de projet parental, posent de véritables problèmes éthiques ? Le débat sur un nouvel eugénisme réactualisé par le vote très inquiétant du Sénat le 8 avril, veut rappeler que le bébé sans défaut est une chimère, que la poursuite de l’enfant parfait est vaine et porteuse de conséquences tragiques pour l’enfant, ses parents et la société tout entière. Il veut aussi nous mettre face à cette question : les parents ont-ils le droit de dessiner l’enfant dont ils ont rêvé, de décider même de ses caractéristiques, de son sexe, de ses qualités physiques?  Les parents ont-ils le droit de décider quel enfant, en fonction de son potentiel génétique ou physique mérite de vivre et quel est celui qui doit mourir?

«Un enfant est une personne à part entière, irréductible dans son essence à la volonté des parents.

 Etre parents, n’est-ce pas aimer l’enfant que l’on a tel qu’il est plutôt que d’exiger l’avoir tel qu’on le veut » (Axel Kahn, Généticien, président de l’université Paris-Descartes)



[1] Simone Sausse, Le miroir brisé,Calmann-Lévy, Paris, 1996

[2] Dr Philippe de Cathelineau, les lendemains douloureux de l’avortement, C.L.D., Paris, 2003


Dimanche 29 Mai: Journée Nationale pour la Vie

Dimanche 29 Mai: Journée Nationale pour la Vie

Chers amis,

Dimanche 29 mai, c'est la fête des mères mais c'est aussi la Journée nationale pour la Vie, demandée par le bienheureux pape Jean Paul II et instituée par les évêques de France le jour de la fête des mères.
Cette journée est l'occasion de témoigner de la grandeur de la maternité et de la valeur de la vie humaine dès la conception.


Vous pouvez
:

    - coller des affiches dans votre paroisse et chez vos commerçants (affiches à demander par mail à pdeponcins@yahoo.fr),

    - aller à la veillée de prière du jeudi 26 mai à Notre Dame de Paris organisée par le diocèse de Paris ; Programme: http://www.paris.catholique.fr/Grande-veillee-de-priere-pour-la-vie.html

    - proposer votre aide à votre antenne AFC pour la quête effectuée dimanche au profit des maisons d'accueil pour les femmes enceintes en difficulté,

    - en parler à votre curé en lui présentant la plaquette JNV (qui donne des pistes d'actions pour cette journée) et lui suggérer d'inclure une intention de prière lors de la prière universelle de la messe du 29,

    - organiser vous même des actions (exemple: expositions de peinture ou d’œuvres sur la thème de la maternité, distribution de ballons JNV aux enfants...)

Je vous remercie de votre soutien et me tiens à disposition pour tout renseignement complémentaire,

Cécile EDEL
Présidente
www.choisirlavie.fr


Se desin
Fichiers attachés

disparition d'un infatigable combattant pour le Respect de la Vie

Les membres du bureau de Choisir la Vie viennent d'apprendre avec grande tristesse, la disparition vendredi dernier de leur fidèle ami, Monsieur Jean-Bernard Grenouilleau, président du CSEN (Comité pour l'Enfant à naître).

 Il fut l’un des combattants pour la Vie de la première heure (années 1970) et l’un des plus ardents, jusqu’au bout.

Il a été fondateur (ou co-fondateur) de trois associations défendant la Vie :

Sans relâche, pendant 40 ans, il a mis son temps, son énergie et son argent au service de sa noble cause,

communiquant son enthousiasme et encourageant les autres à défendre la vie eux aussi, toujours et encore.

 La cérémonie aura lieu à Sainte Marguerite, à Fontenay sous Bois, Jeudi 21 avril 2011 à 11h00

 
  Nos pensées et nos prières se dirigent vers son épouse,  sa famille et ses amis.

 


actualités mars 2011

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BIOETHIQUE:

L'avenir prometteur de la recherche sur les cellules souches adultes:

Alors que certains tentent de persuader l'opnion publique du caractère absolument indispensable de la recherhce sur les cellules souches embryonnaires par une réticence dolosive à avouer les succès sur les cellules souches adultes, des scientifiques de la clinique d'ophtalmologie de l'hôpital de Cambridge sont parvenus à améliorer la vue de rats en greffant sur les nerfs optiques endommagés des cellules souches issues de la moelle osseuse. Les cellules souches injectées aident les cellules du nerf optique à ne pas dégénérer davantage et réparent les dommages causés permettant une amélioration de la vue. Les chercheurs espèrent commencer des essais sur l'homme d'ici 5 ans.

CJCE :Le début de la fin pour les recherches sur les cellules souches embryonnaires ?

Mi-mars, la Cour de justice de l'Union européenne a rendu public un avis de son procureur Yves Bot qui conclut, le 10 mars, que «  même si cela n'implique pas la destruction directe d'embryon, les techniques qui exploitent les lignées de CSE ne peuvent pas faire l'objet d'un brevet parce que cela se rapproche d'une utilisation industrielle des embryons humains et serait contraire à l'éthique et la politique publique […]  »

L'IGAS veut accroître les dons d'ovocytes

Plutôt que de remettre en cause cette pratique, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) souhaite amplifier le don d’ovocytes en recensant les leviers organisationnels susceptibles d’êtres mobilisés pour diversifier le recrutement des donneuses «spontanées». À cette fin, la mission recommande d’autoriser sans tarder la vitrification ovocytaire, énième aggravation dans la désormais longue histoire de l’instrumentalisation de la procréation par la technique.


ETATS-UNIS:

Triste record :

Le pourcentage des avortements est proprement effroyable à New York : 41% des grossesses se terminent par un avortement !  D’après les statistiques officielles du département de la Santé publique de New York pour 2008, la ville a enregistré cette année-là 55 391 décès (toutes causes confondues : de la mort naturelle à l’homicide en passant par les accidents ou les maladies), mais 82 475 avortements (qui ne sont, évidemment, pas comptabilisés dans les “décès” par la ville de New York). Les êtres humains morts des suites d’un avortement à New York représentent donc 149 % des décès causés par une autre raison ! Magré ce constat, les campagnes d'affichage dénonçant le nombre d'avortements continuent d'être refusées par les afficheurs ou font l'objet d'arrachage systématique.(sources : le Salon Beige)

Un planning familial pourtant menacé

La Chambre de Représentants du 112ème Congrès a voté à une large majorité  un amendement  supprimant toute subvention fédérale à Planned Parenthood jusqu’au moins le 30 septembre prochain (fin de l’année fiscale 2011).

 Le gouvernement fédéral lui avait accordé en 2010 une subvention de 350 millions de $. Bien que la loi fédérale interdise le financement direct d’organisations qui procurent l’avortement à la demande, les subventions fédérales à Planned Parenthood sont réparties par cet organisme à ses nombreuses officines.La question désormais posée est de savoir si le Sénat suivra la Chambre basse dans l’adoption de cet amendement."

 

EUROPE

Vers la reconnaissance du syndrome post-avortement:

L'institut européen de bioéthique a publié un dossier sur les conséquences psychologiques de l'avortement .On y lit notamment :

« Aider les personnes présentant des souffrances psychologiques à la suite d’un avortement volontaire consiste à en reconnaître sa dure réalité et les menaces pesant sur tous les membres de la famille. Le docteur Clerget conclut son livre ainsi : « Il s’agit, au vu de la fréquence de ces interruptions, d’un véritable problème de santé publique qui n’est pas suffisamment, loin s’en faut, pris en considération.». « Il est interpellant de constater que les autorités maintiennent le déni de la souffrance objective et proposent de rester dans le statu quo ... » « Au nom du principe de précaution, que l’Union européenne et les gouvernements européens mettent fréquemment en avant, ne devrions-nous pas exiger des instances politiques et de santé de reconnaître ce problème de santé publique et de financer des études scientifiques pour comprendre ce qui est en jeu et, surtout, développer des thérapies pour les femmes et les témoins ou acteurs de cette perte... »En France, à l’occasion du colloque intitulé "Les nouveaux enjeux de l’IVG", organisé le 7 mars 2011 par le laboratoire Nordic Pharma, principal distributeur de la pilule abortive RU 486, La Vie publie une interview de Sophie Marinopoulos. Cette psychanalyste plaide "pour une prise en charge de la douleur psychique".

Face à l'importance de l'avortement, on annonce une proposition de loi pour rendre gratuite la pilule contraceptive

Trente-cinq ans après le vote de la loi Veil, autorisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG), où en est-on ? C’est la question qui a été posée lors d’un débat, lundi 7 mars, sur «Les nouveaux enjeux de l’IVG en 2011», coordonné par le professeur Israël Nisand, responsable du pôle de gynécologie obstétrique du CHU de Strasbourg. «Un renforcement du dispositif d’information sur la contraception permettrait de limiter le recours à l’IVG en France», souligne M. Nisand. Car aujourd’hui, si l’IVG et la pilule du lendemain sont gratuites et anonymes pour les jeunes filles, la pilule contraceptive ne l’est pas, sauf en passant par le Planning familial. Bérangère Poletti [photo], députée (UMP)des Ardennes, devrait faire une proposition de loi dans ce sens prochainement."



Projet de loi de bioéthique en France : analyse du scrutin

« Gènéthique » analyse le scrutin

ROME, Jeudi 17 février 2011 (ZENIT.org) - Au lendemain du vote du projet de loi de bioéthique par l'Assemblée nationale française, « Gènéthique », la synthèse de presse de la Fondation Jérôme Lejeune propose cette analyse du scrutin.

Le projet de loi sur la bioéthique a été voté en première lecture à l'Assemblée nationale le 15 février 2011. Les députés ont adopté le texte par 272 voix contre 216.

Si la majorité a largement approuvé le texte, plus de 70 députés (UMP, NC et MPF) l'ont refusé. Parmi eux, le vice-président de l'Assemblée Nationale Marc Le Fur, l'ancien ministre Hervé Mariton, Christian Vanneste, Philippe Gosselin, Jean-Marc Nesme, Xavier Breton, Véronique Besse, Dominique Souchet, Sylvia Bassot, Etienne Blanc, Lucien Degauchy, Jean-Michel Ferrand, Michel Grall, Christian Ménard, Philippe Meunier, Alain Moyne-Bressand et Michel Voisin.

Le député de Saône-et-Loire Jean-Marc Nesme (UMP) a expliqué les raisons de son vote : « J'ai voté contre l'hypocrisie d'un texte qui interdit la recherche sur l'embryon tout en admettant des dérogations, contre l'ambiguïté d'un texte qui tend à organiser un eugénisme d'Etat en cas de diagnostic prénatal, j'ai voté contre la contradiction d'un texte qui maintient l'anonymat du don de gamètes alors que la Convention internationale des droits de l'enfant signée par la France stipule que tout enfant a le droit de connaître ses origines. J'ai également voté contre le silence d'un texte sur les conflits d'intérêts potentiels entre la communauté scientifique et l'industrie pharmaceutique ».

De leur côté, Véronique Besse et Dominique Souchet (MPF), estiment que « le projet de loi de bioéthique constituait une occasion unique pour les députés de trouver le bon équilibre entre les aspirations de la science et le respect de la vie. Or, les quelques amendements adoptés en séance ne parviennent pas à masquer l'ampleur des nouvelles transgressions contenues dans le texte ». Ils refusent l'approbation de la vitrification d'ovocytes, qui va « permettre d'accroître encore le nombre d'embryons humains congelés dans notre pays » et « encourager les dérives vers l'eugénisme ». Ils dénoncent enfin les dispositions prises en matière de recherche sur l'embryon : « En ce qui concerne l'expérimentation sur l'embryon humain, la fin du moratoire offrait une occasion historique d'y mettre fin car nous savons maintenant que la recherche peut avancer autrement. Le moment était venu d'inscrire dans la loi le respect dû à l'embryon humain et le refus de le considérer comme un simple matériau de laboratoire. Seules les considérations idéologiques et des intérêts financiers qui n'ont rien à voir avec les besoins de la science ont pu inspirer le maintien et l'élargissement de cette expérimentation. »

Le député Paul Jeanneteau a défendu pour sa part un texte « équilibré », « court » et « sans avancées majeures ». « Pourquoi changer en profondeur la loi de bioéthique puisque notre société demeure attachée à ces valeurs sur lesquelles elle repose », a-t-il objecté à ceux qui auraient désiré davantage d'innovations.

Les députés PS ont quasiment tous voté contre le projet de loi (196 sur 204), dénonçant l'interdiction de la recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires : « C'est la formule de tous les dangers », a lancé le député Alain Claeys, président de la commission spéciale sur la bioéthique. Il a demandé à Jean Leonetti, rapporteur de la commission, de « convaincre son groupe » d'évoluer sur ce point d'ici la fin de la navette parlementaire. « La solution raisonnable, c'est d'autoriser les recherches sur les cellules souches embryonnaires car elles sont utiles pour la recherche fondamentale », a-t-il déclaré. Dans une tribune parue dans Le Monde.fr, Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire nationale du Parti socialiste aux questions de société, a déclaré : « Le désir d'enfant n'est pris en charge dans la société que pour les familles conformes au modèle traditionnel de la famille, composées d'un père et d'une mère. Il est temps de s'affranchir de cette définition naturaliste de la famille ».

Pour la Fondation Jérôme Lejeune, le projet de loi voté par les députés présente des « orientations eugénistes et utilitaristes accentuées, malgré quelques dispositions plus respectueuses des êtres humains fragiles ».
Le communiqué dénonce la « coïncidence indigne entre les dates de l'annonce médiatique du bébé du "double-tri" et celle du débat parlementaire » qui révèle « l'emprise d'une forme de lobby de l'industrie procréatique » sur le débat bioéthique, ainsi que l'annulation de la restriction du nombre d'embryons à trois lors d'un processus d'AMP et l'assouplissement des conditions de dérogation au principe d'interdiction de la recherche sur l'embryon. Il salue par ailleurs « les prises de paroles lucides et courageuses de certains députés de la majorité à propos du dépistage prénatal de la trisomie 21 » (...)

Sources : Le Figaro.fr 15/02/11 - Le Monde.Fr 16/02/11 - La-croix.com 15/02/11 - NouvelObs.com 16/02/11 - La Croix 16/02/11 - Le JDD.fr 15/02/11 - Romandie News 15/02/11 - Le Parisien.fr 15/02/11 - Liberté Politique 15/02/11 - Libération.fr 15/02/11 - La Vie.fr (Claire Legros) 15/02/11

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