Une université catholique enseigne que l’avortement constitue un attentat contre la vie

En temps normal, l’information évoquée ici n’en serait pas une. Qu’une université catholique enseigne que « l’avortement constitue un attentat contre la vie » et « fait du tort à la femme qui avorte » n’a rien de remarquable en soi. C’est simplement la doctrine et l’enseignement de l’Eglise que viennent confirmer la science et la philosophie naturelle.

Pourtant, dans le contexte de la récente affaire qui agite l’université catholique de Louvain-la-Neuve, avec la suspension d’un chargé de cours, Stéphane Mercier, qui a eu le tort de présenter une argumentation en ce sens à ses élèves de philosophie, la mobilisation de l’université catholique Saint-Paul de Bolivie contre un projet de loi visant à légaliser l’avortement dans le pays en devient exemplaire.

Le document publié par l’Universidad Católica Boliviana San Pablo, et qui constitue une prise de position officielle, souligne que la femme qui avorte est exposée à des « problèmes de vide existentiel et de traumatismes psychologiques durables ».

L’université catholique Boliviana San Pablo pour le respect de la vie

Dans le même temps, poursuit le document, l’avortement porte atteinte à la famille, « pilier fondamental pour le développement d’une société qui entend promouvoir les valeurs les plus élevées de l’être humain, comme le respect de la dignité d’autrui, la solidarité, la justice et la liberté au service de la vie ».

La Bolivie est actuellement sous le feu des promoteurs de la culture de mort qui ont fait introduire la légalisation de l’avortement dans le code pénal actuellement examiné par la commission constitutionnelle de la chambre des députés.

L’université catholique Boliviana San Pablo souligne que cette disposition contredit la Constitution politique de l’Etat de Bolivie qui dans son article 15 et suivants consacre le « droit fondamental » à la vie ainsi que les normes légales qui protègent la vie depuis la conception – et pas seulement depuis la naissance.

Ces dispositions légales se trouvent affirmées notamment dans le premier article du code civil de Bolivie, mais aussi dans son code « Niño, Niña y Adolescente » (« Garçon, fille et adolescent »), rappelle le document de l’UCB qui invoque également la Convention américaine des droits de l’homme en son article quatre.

L’avortement est un attentat contre la vie et fait du tort aux femmes

Se plaçant sur le plan du droit bolivien, la déclaration accuse le nouveau projet de loi de légalisation de l’avortement de contredire directement la sentence constitutionnelle 206/2014 du 5 février 2014 qui affirme sans la moindre ambiguïté que l’avortement « est un délit qui attente à la vie humaine ».

Le nouveau projet de loi bolivien met également en péril la notion d’objection de conscience, souligne l’UCB. L’objection de conscience est aujourd’hui parfaitement reconnue dans l’ordre juridique national bolivien comme dans l’ordre juridique international, et son autorité dépasse même celle de la Constitution politique de l’Etat, comme celle-ci le reconnaît son propre article 256.

Selon la science médicale, l’être en gestation est humain depuis le moment de la fécondation et pas seulement après huit semaines, il a des qualités déterminées et des potentialités qui doivent être protégées par l’ordonnancement juridique est garantie par l’Etat, conlut le document de l’université.

Et cela va tout de même mieux en le disant.

Jeanne Smits

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