SOS FEMMES ENCEINTES

S.O.S, femmes en détresse

L’antenne d’écoute aux femmes enceintes en difficulté a été créée en 2009 au sein de Choisir la Vie.

Aujourd’hui, sept écoutantes se relaient pour assurer une permanence téléphonique quotidienne. Au bout du fil : des hommes inquiets, des femmes enceintes qui rencontrent des difficultés pendant leur grossesse, qui appréhendent l’accouchement… mais aussi des femmes confrontées au choix de l’avortement. Un service qui fait entrer dans le mystère de « la miséricorde du Père » et donne l’occasion de vivre une expérience humaine et spirituelle forte.

Ecouter la personne en souffrance

L’un des enjeux essentiels de l’antenne est d’écouter avec son intelligence et son cœur la personne qui appelle.

La majeure partie des femmes qui en arrivent à se poser la question de l’avortement sont dans des situations complexes et douloureuses : compagnon qui menace de les quitter si elles gardent l’enfant, famille qui exerce des pressions de toutes sortes, situation financière difficile, réveil de blessures affectives… Les femmes et les hommes qui appellent doutent d’eux-mêmes, de leur capacité à être mère ou père. L’écoute peut durer une heure, voire deux, au cours desquelles l’écoutante utilise toutes les ressources de son cœur et de son intelligence pour essayer de comprendre qui est l’autre, quelle est sa problématique et pourquoi il en arrive à ce dilemme.

Compatir

« Si l’on veut vraiment accompagner certaines, il faut plonger avec elles », rapporte C. Edel, présidente de Choisir la Vie et psychologue de l’antenne. Il faut parfois descendre en eaux troubles avec ces femmes, au cœur de leur détresse, pour essayer de remonter ensemble à la surface. C’est ce qui s’est passé avec M. qui appelle, enceinte de quatre mois, alors qu’elle s’apprête à partir aux Pays-Bas pour y subir une IVG. Pendant une heure de conversation, M. exprime le dégoût que lui inspire l’enfant qu’elle porte, sa colère, ses difficultés, jusqu’à ce que, aidée dans ce chemin, une lumière apparaisse : « Mais finalement, il n’y est pour rien ce bébé ! ». La vérité entraîne une grande libération, et la paix. Pour la personne qui appelle, comme pour celle qui écoute, une joie profonde survient. L’accompagnement ne laisse pas indemne : on entre dans ce combat entre la vie et la mort, où l’enjeu est si important : la vie d’un enfant. Quand on s’engage ainsi au côté de la personne en souffrance, « on ressort nous-mêmes en ayant le sentiment d’avoir gagné en humanité », témoigne C. Edel.

Un combat spirituel

Ce chemin d’accompagnement est un chemin d’humilité. Au terme de la conversation, certaines femmes raccrochent en étant toujours dans le doute ou en disant qu’elles conservent leur choix initial, celui de l’avortement. « On n’est pas toutes-puissantes », rapporte C. Edel. La personne en situation-limite garde sa liberté. De fait, cette question de l’avortement s’inscrit dans un combat spirituel intense, et pour C. Edel, la loi Veil, en favorisant l’IVG, a fragilisé les femmes en créant chez elles la fausse espérance de pouvoir, par l’avortement, effacer le passé. Ainsi, beaucoup de femmes témoignent au téléphone, qu’elles préfèreraient ne pas avoir le choix et être obligée de garder leur enfant. Elles s’adapteraient à cette venue de l’enfant, disent-elles, les choses s’arrangeraient…

Paradoxalement, face à cette possibilité d’avorter, elles ne se sentent pas libres : elles disent ne pas avoir le choix au regard de toutes les barrières apparentes, de toutes les pressions ; cela leur semble être la seule possibilité. Dans ce combat qui les dépasse, les écoutantes s’entourent du soutien précieux de « priants » amis, communautés religieuses, paroisses, à qui elles confient ces jeunes femmes en situation de si grande fragilité, et l’enfant qu’elles portent, encore plus vulnérable.

C.M.

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