N’avons-nous que la mort à proposer ?
Depuis plus de 50 ans, un mouvement mortifère tente d’annihiler la conscience collective et attire les politiques vers des décisions toujours plus hostiles à la vie. Et pourtant… nous avons des raisons d’espérer. Les politiques de prévention ont permis à plusieurs pays de voir leurs nombre d’IVG baisser drastiquement. En France, malgré la constitutionnalisation, la justice a réaffirmé l’objection de conscience des médecins. Cela nous donne du courage.
Du courage, il va en falloir face à la folle machine qui veut, à l’autre extrémité de la vie, se poser en garant de la dignité, des personnes fragiles, “aptes à demander la mort”. En situation de détresse, elles sont “orientées” vers l’euthanasie plutôt que d’être accompagnées par le corps soignant, qui en a largement les capacités. La proposition de loi actuelle, loin d’améliorer l’accès aux soins palliatifs, ouvre la possibilité de demander l’euthanasie et de l’obtenir sans délai, sans deuxième examen clinique, sans essai de soulagement, sans accompagnement psychologique préalable, sans même qu’il soit nécessaire de signer une demande. Une personne sous tutelle, qui n’est pas en capacité de signer un chèque, pourra demander l’euthanasie et sa famille ne pourra s’y opposer. Une personne souffrant de maladie psychiatrique pourra voir cette demande acceptée, sans traitement préalable du mal dont elle souffre. Les psychiatres se sont d’ailleurs insurgés !
Tous les gardes fous proposés par voie d’amendement ont été balayés par les députés. Les sénateurs ont au moins supprimé le délit d’entrave. Ils ont aussi rétabli la clause de conscience des professionnels (mais pas celle des établissements). En revanche, le sénat a renforcé l’idée que l’euthanasie est un soin, ce qui n’est pas acceptable. Depuis les années 70, l’avortement et l’euthanasie évoluent en parallèle, servis par les mêmes arguments fallacieux de compassion douteuse. Devant les situations de grossesse imprévue ou de fin de vie douloureuse, n’avons nous que la mort à proposer ? Il est vrai que les soins palliatifs bienveillants, tout comme la prévention de l’IVG, nécessitent du temps et des ressources, en particulier humaines. Notre système de soins perd des soignants tous les jours et des lits sont fermés tous les mois, y compris en soins palliatifs, dont seuls quelque vingt départements français sont dotés.
L’euthanasie signe la mort des soins palliatifs en cassant la relation de confiance entre les patients et le corps soignant (sans compter qu’elle sera remboursée alors que les journées d’hospitalisation laisseront un reste à charge).
La personne humaine, dont la dignité est fondée sur l’être, depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle et quelles qu’en soient les conditions, ne mérite-t-elle pas toute notre attention, toutes nos compétences et tous nos soins pour la soulager ? Ne nous trompons pas d’objectif. Tuer n’est ni soigner ni soulager. La Marche Pour la Vie veut soutenir les soignants de terrain, qui affirment que seuls les soins de qualité et l’accompagnement humain (fondements des soins palliatifs), sont la réponse aux craintes et souffrances de nos concitoyens. Elle veut proposer des solutions face à la détresse, pour que la vie soit accueillie à son commencement et qu’elle soit accompagnée à son déclin.
Dr Geneviève Bourgeois,
porte-parole de la Marche Pour La Vie,
responsable de Nos Mains ne Tueront Pas.
www.enmarchepourlavie.fr / www.choisirlavie.fr